Est-ce que la bière fait grossir ? Ce qu'il faut savoir.

Est-ce que la bière fait grossir ? Ce qu’il faut savoir

Il y a d’un côté le six-pack, et de l’autre, le ventre à bière. Passé un certain âge, le second est bien plus facile à obtenir que le premier. Mais si la dénomination accuse notre chère boisson houblonnée, cette dernière est-elle vraiment en cause ? La bière fait-elle grossir ?

Le ventre à bière, mythe ou réalité ?

Origine de cette croyance

D’où vient ce mythe du ventre à bière ? Probablement du fait que tout “bon-vivant” possède une bedaine protubérante. Et que tout “bon vivant” boit de la bière. Les conclusions se font alors bon train. La bière étant en plus de cela une boisson gazeuse, il n’en faut pas beaucoup plus pour expliquer facilement, par A + B, la cause de ce bide bien tendu chez les amateurs de binouze.

Pourtant, nous sommes en plein dans le sophisme. Si nombre de ceux qui présentent un “ventre à bière” boivent effectivement de la bière, de nombreux buveurs ont le ventre plat. Et d’un autre côté, de nombreux non-buveurs ont une bedaine. De même pour les buveurs de Cola, boisson gazeuse par excellence, qui n’ont pas tous le ventre prêt à exploser.

Plutôt qu’un raisonnement fallacieux, le mythe du “ventre à bière” est surtout une fausse analogie… pas toujours inexacte cependant. La bedaine engendrée est davantage témoin d’une prise de poids générale que de la consommation de bière. Mais la consommation de bière engendre bien, sur le long terme et dans certains cas, une prise de poids.

Avant de nous pencher précisément sur les résultantes de cette consommation, penchons-nous sur les facteurs d’une prise de poids qui pourraient être liés à la bière.

Facteurs d’une prise de poids

Pour un individu ne souffrant pas de problèmes hormonaux ni d’autre pathologie impactant spécifiquement le stockage des graisses, la prise de poids n’est liée qu’à un seul facteur : un apport calorique supérieur à la dépense énergétique totale.

La dépense énergétique totale d’une personne est divisée en trois parties :

  • Le métabolisme de base. C’est l’énergie nécessaire au maintien des fonctions vitales du corps. Elle dépend du sexe de l’individu, de sa taille, de son poids et de son âge.
  • L’activité physique. Elle inclut le nombre d’heures passées debout par jour, l’intensité demandée par notre travail, les tâches ménagères ou encore les séances de sport.
  • La thermogenèse alimentaire et musculaire. Elle varie en fonction des aliments consommés (les protéines ont par exemple besoin de plus d’énergie pour être métabolisées que les légumes) et de notre masse musculaire (plus elle est élevée, plus notre corps consomme d’énergie au repos).

Au cours d’une semaine, selon l’apport et la dépense énergétique, un individu sera donc en maintien, en déficit ou en surplus calorique. Cela engendrera respectivement un maintien, une perte ou une prise de poids.

En revanche, peu importe ce que l’on mange, si l’on est en déficit calorique, on perdra du poids. Attention cependant, le métabolisme de base peut s’adapter en cas de déficit trop important ou de maladie. Les calculs “basiques” ne sont alors plus d’actualité. Chez les alcooliques chroniques par exemple, le corps augmente la dépense énergétique au repos pour contre-balancer l’excès de calories apportées par l’alcool. Généralement lié à de la dénutrition, les (très) gros buveurs sont souvent amaigris.

Manifestation de la prise de poids

Plusieurs études l’ont démontré : il est possible de consommer exclusivement de la malbouffe, comme des fast-food, et de perdre du poids. Cette perte ne sera évidemment pas saine pour l’organisme, mais c’est une autre histoire.

Il faut ensuite souligner que la prise de poids est inégale entre l’homme et la femme, ainsi qu’entre chaque individu. Si nous soulignons ce point, c’est que le “ventre à bière” est principalement reconnu chez l’homme, mais pas chez la femme. Pourquoi ? Tout simplement car nous ne stockons pas nos graisses aux mêmes endroits.

Chez la femme, le surplus calorique est envoyé au niveau des hanches, des cuisses, des bras et de la poitrine. Cette distribution est adaptée à la grossesse et l’allaitement. Chez l’homme, le stockage est essentiellement retrouvé dans le cou et le ventre. La proportion de graisse viscérale, dangereuse, est alors plus élevée.

Plusieurs études, notamment une réalisée sur 20.000 Allemands durant huit ans, démontrent que la consommation régulière de bière augmente effectivement le tour de ventre, mais dans le cadre d’une prise de masse grasse généralisée. La bière ne fait donc pas “gonfler” le ventre, mais bien prendre du poids. 

Toutefois, ce ne serait pas la bière qui fait prendre de poids. Il s’agirait plutôt des habitudes de vie et de consommation, dans lesquelles la bière est bien souvent incluse. Car d’autres études ont souligné que la consommation modérée de bière n’influait pas la prise de poids, dans le cadre d’un mode de vie sain.

Ce qui explique que la bière fait grossir

Rôle des calories apportées par la bière

La bière, c’est en moyenne entre 90 et 250 kilo-calories pour 35 cl, selon le type de bière. Approximativement la même moyenne que les sodas. Si une blonde légère est bien moins calorique qu’un Imperial Stout, c’est avant tout car un paramètre change : le taux d’alcool.

La bière n’apporte que peu de macro-nutriments. L’apport de matières grasses et de protéines est presque insignifiant. Mais l’apport de glucides pour une 25 cl de 1664 blanche par exemple est de 8,25 grammes, dont une partie sont des sucres simples. Les glucides apportent 4 kcal/g, soit 33 kcal pour un demi dans notre exemple.

Mais l’éthanol, c’est 7 Kcal/g. Presque deux fois plus !

Avec un ABV de 5 % dans la 1664 blanche, ce sont 10 grammes d’éthanol dans un demi, soit 70 kcal.

L’alcool apporte donc ici 62% des calories. Plus une bière est forte en alcool, plus les calories s’envolent.

Étiquette énergétique d'une bière 1664 Blanche 5 %.

Les bières sans alcool quant à elles ne contiennent, par définition, pas d’alcool, ou très peu (<1,2 % en France). Elles sont alors moins caloriques que leur version alcoolisée. Elles présentent généralement un autre problème : un taux de sucres plus élevé.

Étiquette énergétique d'une bière 1664 Blanche 0 %.

En comparant les valeurs énergétiques de la 1664 blanche 5 % et 0 %, on se rend compte que la différence calorique est finalement peu marquée. Cela est dû au fait que les glucides sont deux fois plus nombreux pour la version zéro que la version alcoolisée.

Mais ce n’est pas la raison pour laquelle la bière influe la prise de poids. Car finalement, 112 calories, ce n’est que 4 % des besoins énergétiques journaliers d’un homme moyen.

Facteurs physiologiques

La bière ne fait ni gonfler le ventre, ni prendre du poids à elle-seule. En revanche, elle favorise ce dernier point.

Si ce ne sont pas les calories de la bière en elles-mêmes qui font ici grossir, l’alcool est tout de même le responsable. Il a longtemps été pointé du doigt pour sa responsabilité à donner faim. Qui n’a jamais eu la fameuse dalle incontrôlable après une soirée bien arrosée ? Mais en réalité, l’alcool diminue la concentration de Ghréline dans le corps (l’hormone de la faim) et n’affecte pas significativement la Leptine (l’hormone de la satiété). Si l’alcool influence la prise de poids, c’est pour une autre raison physiologique.

L’éthanol est un poison dont le corps doit s’occuper en priorité, via le foie. Lorsque ce dernier est occupé à son élimination, il gère difficilement la dégradation des graisses. Elles sont donc envoyées sous forme de triglycérides dans les cellules adipeuses, principalement dans le ventre chez l’homme, en attente d’être métabolisées par le foie. 

De plus, l’alcool apporte des calories dites “vides”, qui n’ont aucun intérêt nutritif pour le corps. Elles sont donc dégradées rapidement et utilisées en priorité comme énergie. Seulement, les autres apports énergétiques du moment sont placés dans la file d’attente, comprenez : métabolisés en acides-gras dans les cellules adipeuses. C’est la Lipogenèse.

Un autre point est l’augmentation de la glycémie, le taux de sucre dans le sang. Nous l’avons dit précédemment, la bière contient des sucres simples. En l’absence d’autres aliments solides, ce taux est trop élevé et déclenche la libération d’insuline, une hormone de stockage. Sauf que le stockage des sucres, prioritairement dans le foie et les muscles, déclenche un contre-coup : la fringale.

Facteurs psychologiques    

Lorsque l’on consomme une bière, c’est souvent dans un contexte festif ou social. Ce contexte induit généralement à grignoter, et rarement des carottes et des concombres. Encore plus si ce contexte est en soirée ou dans un festival, là où les food truck et leurs odeurs sont omniprésents, avec un état d’esprit où l’on veut se faire plaisir.

De plus, si l’alcool n’augmente pas la faim, elle augmente la palatabilité des aliments. La palatabilité, c’est l’ensemble des caractéristiques sensorielles qui influencent la manière dont une personne perçoit et apprécie la nourriture ou la boisson. 

Lorsque nous consommons de la bière, donc de l’alcool, notre attirance envers les aliments alors ainsi décuplée. Et comme nous l’avons dit précédemment, ce sont rarement des crudités que nous avons face à nous. Couplée à la fringale provoquée par l’insuline après quelques bières, nous ne résistons pas à l’envie, parfois réflexe dans le contexte, de grignoter.

Un autre point psychologique est le fait que l’alcool désinhibe. Si cela facilite la conversation, cela renvoie également notre régime aux oubliettes. Plus question d’en entendre parler, nous vivons l’instant présent et “on verra plus tard”.

Une étude de 2015 analysant les courses de consommateurs dans les grandes surfaces a par ailleurs conclu que ceux qui achètent le plus de bière achètent aussi le plus de produits gras et sucrés. Le contexte dans lequel on boit une bière influe donc plus la prise de poids que la bière en elle-même. C’est avant tout la nourriture qui gravite autours de la consommation, que la consommation en elle-même.

Une boisson calorique, mais pas une sentence

Lien entre bière et habitudes de consommation

La bière est fortement associée à de mauvaises habitudes de consommation. C’est ce point, et non la bière en elle-même qui engendre la prise de poids, et donc, chez les hommes, la prise de ventre. En effet, si la bière apporte peu de calories, elle est souvent bue dans un contexte soit festif, soit sédentaire. 

Le premier engendre une consommation de nourriture riche en lipides et en sucres simples. Couplé à l’alcool qui favorise le stockage des graisses et ralenti leur bonne métabolisation, la prise de masse grasse est accentuée. De plus, même si la boisson houblonnée contient environ la même quantité de calories qu’un soda, nous ne buvons rarement qu’une seule bière.

Lien entre bière et sédentarité

La sédentarisation quant à elle touche de plus en plus de personnes dans le monde, que ce soit au travail ou dans les activités physiques. La dépense énergétique est alors diminuée et nous avons besoin de moins de calories journalières pour vivre. Seulement, notre alimentation est de plus en plus riche et la bière s’ancre dans les habitudes de consommation chez nombre d’entre nous. Le grignotage, encore plus lorsqu’on consomme une bière, est également en augmentation. Ces éléments facilitent ainsi la prise de ventre.

En revanche, le gaz carbonique présent dans la bière n’influe que peu sur le gonflement du ventre, car souvent éliminé par rots et pets. Dans tous les cas, ce gaz est évacué assez rapidement.

Soyez donc rassurés. Pour peu que la consommation de bière reste modérée et que nous gardons un mode de vie sain à côté (sport, nourriture variée et équilibrée) alors la bière ne fait pas grossir. En restant modérés, les abdo-Kronenbourg ne sont donc pas pour tout de suite. Et si vous voulez encore plus faire attention, choisissez une bière sans alcool. Veillez seulement à en prendre une avec peu ou sans sucres.

Il existe une autre rumeur comme quoi la bière donnerait des seins aux hommes. Vous pouvez retrouver cette rumeur dans cet article !

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