Chaque année, alors les décorations de rues s’installent au rythme de l’hiver qui s’approche et que les températures descendent, les étales des supermarchés se parent d’une bière saisonnière appelée bière de Noël. Si celle-ci n’a rien de magique, elle est toutefois le témoin d’une tradition brassicole ancestrale, que les marchés financiers se sont bien gardés de préserver. Découvrez la bière de Noël.
La tradition de la bière de Noël
Avant le début de l’ère industrielle et de sa révolution, la vie communautaire des campagnes était rythmée par les différents travaux des champs. Les céréales représentaient alors la majorité des cultures. Elles servaient autant pour la consommation humaine, fourragère, que pour la fabrication du pain et de la bière. Les céréales ne se récoltaient cependant qu’à la période estivale. Il fallait donc soit les transformer immédiatement, soit les stocker pour subvenir aux besoins de l’année. Heureusement, l’Homme a rapidement appris au cours de son évolution à parfaire les conditions de stockage et ces dernières étaient maitrisées.
La bière en revanche ne se conservait pas aussi bien. Elle était néanmoins bue tout au long de l’année. Elle devait alors être brassée à certains moments clés, principalement en prévisions de fêtes religieuses. Généralement, une bière était brassée trois à six mois avant sa consommation afin de lui laisser une période de garde. À ces différentes périodes, on ne brassait pas la même bière.
Nous avons par exemple les Märzenbier brassées en mars pour être bues durant les fêtes d’octobre (Oktoberfest). De leur côté, les bières Saison étaient brassées en hiver, en prévision des travaux des champs en été et offraient une buvabilité plus élevée.
Les bières de Noël, elles, étaient brassées à la fin de la période de récolte, au début de l’automne. Elles étaient alors appelées à cette époque “bière d’octobre”. Elles avaient pour objectif d’utiliser tous les stocks de céréales restant de l’année précédente. Ceci afin de faire de la place pour les nouvelles récoltes. Il s’agissait alors de bières plus chargées en malt (on y mettait tout ce qui restait). Cela produisait des bières plus sucrées et chargées en alcool. Elles offraient ainsi l’avantage d’une meilleure conservation, et surtout, de réchauffer les cœurs au plus froid de l’hiver.
La bière de Noël aujourd’hui
La bière de Noël est une bière à la robe ambrée, voire sombre. Plutôt alcoolisée, elle reste équilibrée par le fort taux de sucres résiduels qui contrebalance l’alcool. Des notes d’épices y sont souvent retrouvées, typique des bières d’hiver.
Historiquement, comme les céréales n’étaient pas de toute première fraicheur, des épices étaient ajoutées. Elles permettaient d’améliorer le goût, ou du moins, cacher les faiblesses. La bière ainsi produite, la première de la saison, était offerte en cadeau de fin d’année aux employés des brasseries et autres clients fidèles.
En bouche, les malts prennent le dessus avec des notes caramélisées, de noix et de miel. On y retrouve également des notes de fruits secs accentués par la sucruosité. Elles rappellent surtout le pain d’épice, pâtisserie monastique des périodes de Noël.
De nombreux acteurs de l’industrie brassicole produisent chaque année une gamme “de Noël”. Celle-ci permet d’être en accord avec la saisonnalité de cette période de partage. Elle redynamise en plus les ventes d’une boisson plus estivale qu’hivernale.
Parmi les brasseries industrielles, les bières de Noël les plus connues sont certainement :
- La N’ice Chouffe – 10° – brasserie d’Achouffe – Belgique
- La Bush de Noël – 12° – brasserie Dubuisson – Belgique
- La Delirium de Noël – 10° – brasserie Huyghe – Belgique
- La mère Noël – 8,5° – brasserie Huyghe – Belgique
- La Hoppy Christmas – 7,2° – brasserie Brewdog – Écosse
- La bière d’hiver – 7° – brasserie La Débauche – France
- La cuvée de Noël – 9° – brasserie St-Feuillien – Belgique
Étant une bière ambrée assez forte en alcool, les bières de Noël se dégustent à une température de service à 9-10 °C, au coin du feu. Elles s’accordent parfaitement avec une planche de fromages, le foie gras ou encore les viandes mijotées, les gibiers et les viandes plus originales comme le kangourou, l’autruche, le renne ou encore le bison.
Ce qu’il faut retenir
La bière de Noël est donc issue d’une longue tradition brassicole, ancrée au rythme des saisons et de ce fait, une bière saisonnale qui réapparaît en quantité lorsque les fêtes de fin d’année approchent. Elle est finalement assez proche des bières Triples, bien que n’étant pas brassées à l’origine pour les mêmes raisons. Et si vous ne connaissez pas la différence entre les bières Triples, doubles et simples, vous pouvez retrouver notre article sur ce sujet sur le blog.

