ouvrir sa brasserie

10 questions à se poser avant d’ouvrir sa brasserie

Vous avez décidé d’ouvrir votre brasserie ? Vous commencez à vous renseigner sur tous les éléments à prendre en compte ? Mais avez-vous vraiment pensé à tout ? Dans cet article, nous revenons sur les interrogations les plus fréquentes des futurs propriétaires. Découvrez ci-dessous une liste de dix questions à se poser avant d’ouvrir sa brasserie.

Dois-je suivre une formation ?

Oui, et non. Le métier de brasseur ne nécessite pas de diplôme obligatoire pour avoir le droit de se lancer. En revanche, c’est très conseillé. D’une part pour être suivi par des investisseurs dans votre projet. En effet, le matériel à acquérir représente un coût élevé. Nous en avons fait un article que vous pouvez retrouver ici. D’autre part, car la formation est un gain de temps et d’argent. Vous apprendrez beaucoup de choses en vous formant. Vous pourrez vous faire amis ou au moins des contacts. Finalement, vous ne ferez pas certaines erreurs, qui vous éviteront de perdre un brassin entier.

De plus, le titre de brasseur niveau 3 vous permet d’obtenir un diplôme de niveau 3, équivalent au CAP/BEP. Ce diplôme, dont la formation dure sept semaines, vous permet la reconnaissance de votre maîtrise, et de ce fait de pouvoir être reconnu comme “artisan”. Autrement, vous devrez justifier de trois années d’exercice de votre activité pour pouvoir prétendre à ce titre.

Vous pouvez retrouver ces formations chez ces trois organismes :

En plus de cela, pour vendre des boissons alcoolisées (inférieures à 18°) à la consommation sur place, ainsi que proposer une consommation culinaire dans votre brasserie, des formations sont obligatoires. La formation donnant droit à la licence III et la formation hygiène.

Dois-je prévenir une autorité en particulier ?

Oui, plusieurs même. Afin de vous établir comme brasseur professionnel, vous devez vous enregistrer auprès de : 

  • La chambre des métiers et de l’artisanat, si vous voulez être reconnu comme artisan.
  • La chambre de commerce et d’industrie, si votre brasserie ne se veut/ne se peut être artisanale
  • Les douanes, auxquelles vous devez être enregistré pour vendre de l’alcool. Elles récupèrent une taxe sur chaque litre vendu.
  • La mairie de votre commune d’exercice, qui devra vous délivrer, en tant que débit de boissons, d’une petite licence ou licence III.
  • La Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations, à laquelle vous devez également vous enregistrer.

Puis-je donner n’importe quel nom à ma brasserie ?

En théorie, oui (dans la limite des bonnes mœurs), mais il faut que le nom de votre brasserie ne soit pas déjà utilisé par un autre professionnel. Comme pour toute entreprise, vous devez déposer votre raison sociale et tous les éléments associés (adresse, nom, etc) à l’INPI. Vous pouvez déposer vos noms de domaine à l’AFNIC, en ayant préalablement vérifié leur disponibilité via ce lien.

Y a-t-il une conformité à respecter pour mes étiquettes ?

Nous avons déjà traité de ce sujet dans notre article dédié aux étiquettes de bières. Mais d’une manière générale, l’étiquette d’un produit doit donner les informations les plus justes possibles au consommateur, sans qu’il puisse mal interpréter celles-ci.

On y retrouvera : 

  • La dénomination de la denrée alimentaire ;
  • la liste des allergènes ; 
  • la quantité de certains ingrédients ou catégories d’ingrédients ;
  • le volume net ;
  • la date de durabilité minimale (à consommer de préférence avant le…) ;
  • les conditions particulières de conservation et/ou d’utilisation ;
  • le numéro de lot ;
  • le nom / raison sociale et l’adresse de l’exploitant alimentaire ;
  • le pays d’origine ou le lieu de provenance (lorsqu’il est prévu à l’article 26 du règlement 1169/2011) ;
  • un mode d’emploi, lorsque son absence rendrait difficile un usage approprié de la denrée alimentaire ;
  • le titre alcoométrique volumique acquis ;
  • le logo à l’intention des femmes enceintes ;
  • l’info-tri sur les emballages ménagers (hors emballage en verre).

Vous pouvez retrouver la documentation sur ce document de la DGCCRF.

Étiquette d'un produit bière
L’étiquette d’un produit doit donner les informations les plus justes possibles au consommateur / Unsplash

Quelles sont les règles à respecter pour la vente de boissons alcoolisées ?

La vente de boissons alcoolisées est très encadrée par la loi. Tout débit de boissons doit justifier d’une licence délivrée par la mairie. Pour la vente à emporter (site internet, brasserie, marché…), une petite licence est nécessaire. Pour la consommation sur place, une licence III est indispensable. Elle s’obtient après une formation de deux jours et demi (20 heures) et est gratuite. De plus, La publicité des boissons alcoolisées étant très encadrée, vous devez respecter les prérogatives de la loi Evin. Pour plus d’informations, certains sites comme Brasseurs-de-France ont fait des tutoriels à ce sujet.

Existe-t-il des moyens de financement ?

Parmi les questions à se poser avant d’ouvrir sa brasserie, celle du financement est très importante. En effet, il peut être compliqué de se faire financer par les banques. La concurrence est rude entre brasseurs, nous sommes le pays d’Europe avec le plus de micro-brasseries. Cependant, divers autres interlocuteurs peuvent vous accompagner comme :

  • BPI France.
  • ACCRE.
  • Collectivités locales et territoriales.
  • Agence de l’eau.
  • CCI et CMA.

Vous pouvez également vous renseigner via la page des Aides aux entreprises de la Chambre des métiers de l’artisanat. Enfin, le crowdfunding peut aussi être une possibilité, en proposant, pourquoi pas, à vos investisseurs une contrepartie houblonnée.

Est-il obligatoire d’avoir un local et du matériel ?

Rien d’obligatoire, surtout que l’investissement de départ peut être conséquent. Une solution pour débuter est alors de brasser en nomade. Cela signifie que vous brassez votre bière en louant les capacités de production d’autres brasseries. Cela amène à plusieurs avantages : l’entraide et la création d’un réseau entre brasseurs, profiter de la logistique des autres, pas de gros investissements, la création d’une trésorerie de départ, ainsi qu’une étude de marché directe en faisant connaître votre bière et en pouvant alors déterminer (en fonction de vos nouveaux clients) votre capacité de production nécessaire dès le début.

Comment dois-je concevoir mon local et la taille de ma brasserie ?

La taille de la brasserie sera déterminée lors de votre étude de marché et de la projection que vous aurez faite de vos potentielles ventes. Débuter en nomade comme nous l’avons vu au point précédent prend alors son sens. Il ne faudra pas oublier la capacité d’expansion dans les années qui suivront et donc garder un peu de place pour cela, car il est ensuite difficile de déplacer les murs.

Concernant la conception du local, il vous faudra respecter les normes d’hygiènes et de sécurité, que vous pouvez retrouver sur le site du ministère de l’Agriculture. Il faudra également prendre en compte l’ergonomie du travail de vos employés et la vôtre. Cela limitera les accidents du travail, et vous permettra de gagner du temps. Pensez par ailleurs à vos livraisons (tant en entrées qu’en sorties), un camion peut-il facilement manœuvrer ? L’installation d’une Taproom associée à votre brasserie est aussi un point à prendre en compte. Les consommateurs peuvent-ils se garer aisément, etc ? Nous avons fait un Top sur les avantages à avoir une Taproom, si vous souhaitez en savoir plus.

Dois-je prendre contact avec les acteurs de mon territoire ?

Ce serait une bonne idée en effet. En tant que commerçant, il est important de se faire connaître des acteurs politiques de votre ville/département. Cela afin d’être en relation, premièrement, et se faire aider en cas besoin, se faire orienter. De même, connaître les autres commerçants est important pour créer des liens, des projets communs, et de l’entraide… Les acteurs agricoles peuvent aussi être de bonnes relations. Si une filière houblon venait à se créer dans votre département, vous pourriez l’aider à se développer et lui en retour devenir votre fournisseur local. Et quoi de mieux que l’argument “local” pour vendre un produit artisanal ?

Combien de temps puis-je vivre sans me verser de salaire ?

C’est peut-être l’une des questions les plus importantes à poser avant d’ouvrir sa brasserie. Lorsqu’on ouvre sa brasserie professionnelle, il est rare de se verser un salaire la première année, voir plus. C’est un projet qui demande beaucoup d’efforts. Vous ne compterez pas vos heures et vous aurez beaucoup de charges, surtout avec des employés. C’est un sacrifice qui vaut le coup, mais il faut pouvoir compter sur une réserve financière de secours.

Vous connaissez désormais les réponses aux dix questions à se poser avant d’ouvrir sa brasserie. Si d’autres interrogations vous passent par la tête, n’hésitez pas à directement nous contacter. Nous nous ferons une joie d’y répondre au mieux. Bon courage dans votre projet !

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