Décrypter l'étiquette d'une bière

Décrypter l’étiquette d’une bière : nos conseils

Les étiquettes de nos bières sont de plus en plus artistiques. Épurées ou très complètes, avec un petit poème propre à chaque bière, comme pour la brasserie La Débauche à Angoulême, cela sera au choix du brasseur. Certains points sont cependant obligatoires à apposer, mais nous n’allons pas ici les détailler. En revanche, nous allons nous pencher sur le décryptage des éléments. Cela peut être intéressant pour nous, afin de pouvoir aisément comparer deux bières entre elles. Nous ne pourrons pas deviner toutes les subtilités aromatiques d’une bière juste en lisant son étiquette. Nous allons simplement ici vous donner des pistes pour orienter votre décision. Mais gardez en tête que nous énumérerons simplement de grands principes généraux. Voici nos conseils pour décrypter l’étiquette d’une bière.

Les informations primaires

Le nom de la bière et de la brasserie

Première information qui nous saute normalement aux yeux, le nom de la bière. Apposé bien lisible, il aura pour but d’attiser la curiosité du consommateur et le pousser à l’achat. Ensuite, le nom de la brasserie permet d’anticiper la qualité de la bière. Si la brasserie est reconnue, on se projette sur une bonne bière en perspective. Dans ce cas, ce nom sera énormément mis en avant, plus que le nom de la bière, voire l’effaçant complètement. La brasserie française Iron, par exemple, ne place que rarement le nom de sa bière sur la face avant de l’étiquette. À l’inverse, si le nom de la brasserie n’apparaît pas, ou qu’il n’est pas clair, on a plus de chance de se retrouver sur une bière marketing. Il est donc important de s’intéresser aux différents noms présents sur la bouteille afin de bien décrypter l’étiquette d’une bière.

La classification et l’arôme

Pouvant également effacer le nom de la bière afin de guider le consommateur, le type de bière présenté peut apparaître grossièrement sur l’étiquette. Si vous vous trouvez chez votre caviste et que vous avez le choix entre une centaine de bières. Repérer le style recherché du premier coup d’œil vous fera gagner du temps, et l’achat sera ainsi dirigé. Lorsqu’une bière se veut aromatisée, on retrouvera directement cette mention mise en valeur sur l’étiquette, généralement sous le nom de la bière ou sous sa classification. 

Les informations secondaires

Les informations secondaires donnent les principales caractéristiques de votre bière. Elles vous permettent d’aiguiller votre décision. 

Les ABV

Les ABV représentent le titre alcoométrique volumique acquis (TAVA), ou la quantité d’alcool. On peut le retrouver sous différentes formes, mais généralement noté : %/vol. Suivant ce que vous recherchez chez votre bière, connaître le degré d’alcool permet déjà de s’orienter.

Si vous recherchez à vous désaltérer par une chaude journée d’été, une bière faiblement alcoolisée (3 à 4 %) sera parfaite. En revanche, si vous recherchez une bière avec du caractère, pour une fin de repas accompagnée d’un cigare, une barrel aged à 8 % sera déjà un peu plus adéquate. Quant à attendre devant l’ouverture d’un festival avec des amis, quelques bières légères pour patienter, ou axée sur une forte alcoolémie pour se lancer, ce sera à vous de voir ! Mais la première orientation que l’on peut déjà avoir avec les ABV, c’est le caractère de la bière (rafraîchissante ou intense). On ne se limitera bien sûr pas à cela.

Décrypter l'étiquette d'une bière et les ABV présents
Les ABV représentent le titre alcoométrique volumique acquis ou la quantité d’alcool / Pixabay

Les IBU

Si vous recherchez une bière bien amère, houblonnée à souhait, les IBU sont un bon indicateur. IBU pour International Bitterness Units (et non International Biathlon Union !). Il existe également le terme EBU pour European Bitteness Units, mais il est rarement utilisé. Attention cependant, il s’agit d’un indicateur relatif. Les malts et autres ingrédients utilisés, ainsi que d’autres caractéristiques de la bière, interfèrent avec cette valeur et notre perception en est alors modifiée. Les IBU se mesurent sur une échelle allant de 1 (pas du tout amer) à 150 environ. On peut monter bien plus haut, mais au-delà le palais sature et nous ne ressentons pas de différence. C’est un indicateur de plus en plus retrouvé sur les bières crafts, mais sur aucune bière industrielle.

Les EBC

Indicateur colorimétrique, nommé SRM pour le marché américain, les EBC sont une échelle allant de 1 à 80 pour définir la couleur d’une bière. Rarement présent sur les étiquettes, il permet pourtant d’identifier (relativement) le degré de torréfaction des malts. Plus le chiffre est haut, plus les malts seront grillés et s’ensuivront des arômes caramélisés, chocolatés, de noix… On peut observer la couleur à travers le verre de la bouteille. Évidemment, cette indication sera surtout utile pour les conditionnements canette. La couleur de la bière ne dévoilera pas les arômes, mais donnera une petite indication.

Les ingrédients

Normalement, une bière ne contient que 4 ingrédients (du malt, du houblon, de l’eau et des levures). On peut cependant y ajouter des ingrédients aromatiques, naturels et bruts (top), ou sous forme d’additifs (moins top). Néanmoins, en France, les boissons alcoolisées supérieures à 1.2 % alc./vol. ne sont pas soumises à l’obligation d’inscrire la liste des ingrédients sur leurs étiquettes. Si la liste y est, c’est une bonne chose. Si elle n’y est pas, c’est peut-être que la brasserie a quelque chose à cacher (ou évite de vouloir mettre en avant).

La filtration et pasteurisation

La bière a-t-elle subie une filtration ? Si c’est le cas, elle sera plus limpide. Autrement, il y aura du dépôt au fond et une couleur plus trouble de la robe. La fermentation continuera après l’embouteillage, offrant une bière plus pétillante et parfois aromatique. Si vous voulez en savoir plus sur les bières filtrées, vous pouvez retrouver notre article sur le sujet. La bière a-t-elle été pasteurisée ? Procédé permettant la stabilisation biologique d’un produit afin d’en augmenter sa durée de conservation, la pasteurisation peut aussi avoir un impact négatif sur les saveurs de la bière. Ainsi, si vous comptez boire rapidement votre bière, on vous conseillera une bière non pasteurisée (comme le fromage qui l’accompagnera !). Mais si vous devez la conserver quelques semaines, il sera plus judicieux de la choisir pasteurisée. On a également fait un article plus complet sur la pasteurisation.

Les informations tertiaires

Un peu moins importantes pour orienter votre choix, les informations tertiaires sont néanmoins intéressantes pour décrypter l’étiquette de votre bière.

La température de dégustation

Recommandation importante donnée par le brasseur, la température optimale de dégustation (TOD) vous aidera à faire ressortir au mieux toutes les flaveurs de votre bière. Au moment de décrypter l’étiquette de votre bière, vous pourrez vous rendre compte que la mention n’est pas toujours indiquée. Si ce n’est pas le cas, il suffit de respecter la règle générale disant que votre bière doit être servie à 1-1,5 °C de plus que son titre alcoométrique (sans descendre sous les 4 °C). Pour une bière à 5.5 % alc. sa température optimale de dégustation devrait être de 6,5 à 7°C. C’est une règle générale que le brasseur peut vous conseiller de modifier sur son produit.

Les conditions et la date de conservation

Là encore, le brasseur peut vous conseiller sur la meilleure façon et le temps maximal de conservation de votre bière. Allongée ou debout suivant s’il y a eu une refermentation ou en fonction du type de bouchon, la température de conservation, etc. Une date de péremption est obligatoirement apposée sur la bière, généralement de 12 mois. Cependant, de par les courantes pasteurisations (voire stérilisation) la majorité des bières n’évoluent que très peu une fois embouteillées, à l’abri de l’oxygène et de la lumière, et se conservent bien plus longtemps. Et même, certaines bières se bonifient avec le temps. Comme les bons vins.

La bière ne se périme pas, elle peut être bue sans danger pour la santé au-delà de la date limite. Certaines brasseries (crafts en général) apposent parfois une date de consommation optimale (DLUO) sur des bières non filtrées et non pasteurisées. Elles sont plus sujettes aux évolutions organoleptiques, afin de savoir jusqu’à quand le produit sera conforme à la création de la brasserie.

Les allergènes et l’origine

Une mention bien utile si vous souffrez d’allergies ou d’intolérances. Les ingrédients allergéniques doivent être inscrits en gras ou être annotés dans une case « peut contenir des traces de… ». Un point également utile afin de savoir d’où votre bière vient, mais aussi de vérifier si votre bière Pilsner vient bien de la ville de Pilsen en République-Tchèque ou si ce n’en est qu’une blonde copie. Ce que nous voulons dire, c’est que les appellations marketings sont de plus en plus trompeuses. Et si votre Pils peut venir d’un peu partout, ce n’est pas le cas de certaines bières brassées exclusivement dans des régions définies et protégées par un IGP, comme la Chimay ou encore la Westmalle en Belgique.

Décrypter l'étiquette d'une bière Erdinger brassée en Bavière
Certaines bières sont brassées dans des régions définies et protégées par un IGP / Pixabay

Les autres informations pour décrypter l’étiquette d’une bière

Le descriptif organoleptique

Comme sur certaines bouteilles de vin, certaines étiquettes de bière possèdent un descriptif des saveurs auxquelles on peut s’attendre à rencontrer. Un descriptif visuel, olfactif et gustatif pour les plus complètes. Attention cependant, ce descriptif peut avoir été réalisé par un sommelier, le brasseur ou n’importe qui d’autre dans un simple but marketing.

L’association mets et bière

Tout comme ce descriptif organoleptique, la brasserie peut conseiller le consommateur du choix de son met pour accompagner la bière. Cela peut encore une fois être fait par un professionnel autant qu’un amateur.

La roue des saveurs

Une représentation plus visuelle des saveurs que l’on peut retrouver dans la bière, plutôt qu’un texte les décrivant, une petite roue des saveurs peut venir se glisser sur l’étiquette afin d’indiquer si cette boisson est plutôt axée sur les fruits tropicaux, le caramel, etc.

La collaboration

La collaboration ou collab’, est mentionnée sur les bières qui ont été réalisées grâce à deux brasseries. Une petite association pour proposer un produit final mélangeant les savoirs de deux brasseurs. Il s’agit souvent de bières éphémères. Cette mention peut vous aider à orienter votre choix si vous connaissez déjà le second brasseur, ou que vous en avez entendu parler. Cela peut également être une collaboration avec l’artiste qui a réalisé l’étiquette.

Il y a encore bien des mentions qui peuvent être apposées sur l’étiquette d’une bière. Elles sont néanmoins sans grand intérêt pour aiguiller votre choix de dégustation (la quantité nette, le logo de prévention pour les femmes enceintes, etc). Vous pouvez retrouver ici notre article complet sur la partie législation pour en savoir plus sur le sujet.

Nous venons ici de détailler quelques points qui permettent de décrypter l’étiquette d’une bière afin d’orienter notre choix entre deux, lorsqu’on ne peut se permettre de prendre les deux bien sûr ! Nous tenons à rappeler qu’il s’agit d’informations donnant une direction principale à la bière, mais que chacune ne saurait être une orientation sûre. Les ingrédients, leurs proportions, la méthode de brassage, le repos de la bière… sont des éléments modifiants sensiblement les saveurs retrouvées dans une bière et que l’on ne saurait deviner avec exactitude en lisant simplement une étiquette.

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